Vous apprenez le japonais depuis quelques semaines ou quelques mois, et vous avez l’impression que quelque chose cloche ? Que ce soit dans votre prononciation, la construction de vos phrases ou votre façon de conjuguer, certaines erreurs reviennent systématiquement chez les francophones. Ce n’est pas dû à un manque d’efforts, mais plutôt au fait que notre langue maternelle nous guide instinctivement vers celles-ci.
Voici les 5 erreurs les plus fréquentes, expliquées en détail, avec des exemples concrets pour vous aider à les corriger durablement.
1. Prononcer le « R » japonais comme un R français 🦁
Pourquoi cette erreur est si répandue
En français, le R se prononce en faisant vibrer le fond de la gorge. C’est un son puissant, guttural, que l’on produit presque sans y penser. Alors quand on lit ありがとう(ありがとう・arigatô, merci), le réflexe naturel est d’appliquer exactement ce son. Le résultat déroute complètement un locuteur natif.
Comment fonctionne vraiment le « R » japonais
Le R japonais n’est ni le R français, ni tout à fait le L. C’est un son intermédiaire, produit en effleurant légèrement le palais avec la langue, à mi-chemin entre les deux. Si vous parlez espagnol, vous avez une longueur d’avance : c’est assez proche du R roulé espagnol, mais moins appuyé.
Pour le pratiquer, essayez ces sons simples :
- ら行(らぎょう・ra-gyô, la rangée des syllabes en « R ») : ら(ra)、り(ri)、る(ru)、れ(re)、ろ(ro)
Comment s’en sortir concrètement
Si vous n’y arrivez pas encore, une astuce simple : rapprochez-vous du L plutôt que du R. Dire aligatô sera toujours bien plus compréhensible qu’un R guttural à la française.
La méthode la plus efficace pour intégrer ce son reste le shadowing : il s’agit de répéter à voix haute en imitant le rythme et la prononciation d’un locuteur natif, phrase par phrase. Avec une pratique régulière, ce son devient naturel assez rapidement.
2. Répéter 私 (watashi) à chaque phrase 🔁
L’origine du réflexe
En français, une phrase sans sujet exprimé, cela n’existe pratiquement pas. On dit « je mange », « tu travailles », « elle arrive ». Le sujet est toujours là, bien visible. Alors, quand on débute en japonais, on reproduit ce réflexe et on place 私(わたし・watashi, je/moi)devant chaque phrase, pour ne rien oublier.
C’est compréhensible, mais c’est une habitude à abandonner assez vite.
Le japonais : une langue à sujet implicite
Le japonais est une langue contextuelle. Dès que le sujet est clair d’après la situation ou ce qui précède, on ne le répète pas. Voici un exemple de présentation naturelle :
ソフィーです。フランス人です。日本語を勉強しています。 (ソフィーです。フランスじんです。にほんごをべんきょうしています。・Sofii desu. Furansujin desu. Nihongo o benkyô shite imasu.) Je m’appelle Sophie. Je suis française. J’étudie le japonais.
Dans cet enchaînement, le sujet « je » est évident du début à la fin. Ajouter 私は(わたしは・watashi wa)devant chaque phrase serait aussi redondant qu’un Français qui dirait « Moi je m’appelle Sophie. Moi je suis française. Moi j’étudie le japonais. »
Quand 私 (watashi) est-il utile ?
Il le redevient dès qu’il y a une ambiguïté à lever. Si vous parliez de quelqu’un d’autre et que vous revenez à vous-même, préciser 私(わたし・watashi)aide votre interlocuteur à suivre. Mais une fois posé dans ce nouveau contexte, inutile de le répéter à chaque phrase.
Pour les grands débutants : servez-vous en autant que nécessaire au départ, le temps de vous sentir à l’aise. L’objectif est de vous en détacher progressivement, une fois la construction des phrases bien assimilée.
3. Mélanger les registres poli et familier 😬
Une erreur surtout visible à l’écrit
En japonais, il existe deux grands registres d’expression : le registre poli (avec des formes comme です・desu ou les terminaisons en -ます・-masu) et le registre familier (avec だ・da, par exemple). L’erreur consiste à les alterner au sein d’un même texte ou d’une même conversation.
Exemple à éviter :
ソフィーです。フランス人だ。 (ソフィーです。フランスじんだ。・Sofii desu. Furansujin da.) Je m’appelle Sophie. Je suis française.
La première phrase est polie, la seconde est familière. Ce mélange crée une rupture de ton qui surprend immédiatement un lecteur natif.
Pourquoi cela arrive-t-il ?
La raison est simple : on a tendance à réutiliser les formes qu’on entend le plus souvent, sans toujours faire attention à leur registre. C’est encore plus fréquent à l’écrit, où l’on tape vite sans se relire.
La règle à retenir 💡
On choisit un registre et on s’y tient du début à la fin :
- Registre poli (です・desu, -ます・masu, etc.) : pour les situations formelles, les messages à des personnes plus haut placé dans la « hiérarchie sociale » (plus âgées, des clients, des médecins ou des professeurs, des personnes inconnues, etc)z, les textes soignés. Vous utiliseriez « vous », pour vous adresser à cette personne en français ? Alors, c’est un bon réflexe d’employer la forme polie pour vous adresser à elle en japonais.
- Registre familier (だ・da, formes courtes) : pour les conversations entre amis proches, dans un contexte détendu et informel.
Un bon réflexe à adopter
Avant d’envoyer un message en japonais ou de remettre un exercice, prenez le temps de vous relire en vous posant une seule question : toutes mes formes verbales sont-elles cohérentes ? C’est rapide et cela évite bien des malentendus. 😉
4. Avaler le son « H » 🤫
Un son inexistant en français… mais pas si difficile
En français, le H est muet dans la quasi-totalité des cas. On ne le prononce jamais, on ne l’entend jamais, et on finit par oublier complètement qu’il peut exister à l’oral. Ce réflexe, transposé en japonais, peut entraîner de véritables quiproquos.
Des confusions qui peuvent faire sourire… ou pas 😳
En japonais, la présence ou l’absence du H change totalement le sens d’un mot. Voici quelques exemples parlants :
- あい(あい・ai): l’amour / はい(はい・hai): oui
- いま(いま・ima): maintenant / ひま(ひま・hima): avoir du temps libre
- えび(えび・ebi): crevette / へび(へび・hebi): serpent
Le H japonais : un son que vous connaissez déjà
Bonne nouvelle : vous produisez peut-être déjà ce son sans le savoir. En japonais, le H se prononce comme un souffle léger et audible, très proche du H anglais dans des mots comme hello ou house. Il ne s’agit pas d’un son difficile à placer : il suffit de laisser l’air s’échapper doucement, sans forcer. Si vous avez déjà dit « ha ! » en soufflant sur vos lunettes pour les essuyer, vous avez exactement le bon geste. Avec un peu d’attention à l’écoute, ce son s’acquiert vite.
5. Garder l’intonation montante du français 📈
Un réflexe naturel… mais trompeur en japonais
En français à l’oral, surtout dans une conversation animée, on monte souvent la voix en fin de phrase, même pour une affirmation. C’est une façon de marquer l’enthousiasme ou de donner du dynamisme à ce qu’on dit. On ne s’en rend même plus compte tellement c’est automatique.
En japonais, cette intonation montante a une signification très précise : elle indique une question. Si vous l’appliquez sur une phrase affirmative, votre interlocuteur va se demander si vous affirmez quelque chose ou si vous l’interrogez. 🙋♀️
Un exemple pour bien comprendre
Prenons cette phrase :
日本語を勉強しています。 (にほんごをべんきょうしています。・Nihongo o benkyô shiteimasu.) J’étudie le japonais.
Prononcée avec une intonation plate ou légèrement descendante en fin de phrase, c’est une affirmation claire. Prononcée avec une voix qui monte, elle sera perçue comme une question : « J’étudie le japonais ? »
Comment corriger cette habitude
La solution la plus efficace, encore une fois, est le shadowing. En imitant des locuteurs natifs sur des enregistrements authentiques, vous intégrez progressivement les bons schémas d’intonation sans même avoir à les analyser consciemment. Vous trouverez tous les détails de cette méthode dans notre article dédié au shadowing.
Ces erreurs sont normales, et elles se corrigent ✨
Aucune de ces 5 erreurs n’est une fatalité. Elles sont simplement le signe que votre cerveau fait encore le lien entre le français et le japonais, ce qui est tout à fait naturel au début. Avec de la pratique régulière et un peu d’attention, elles disparaissent une à une.
Si vous souhaitez progresser de façon structurée, vous pouvez aussi consulter notre article sur les erreurs de débutants en japonais pour aller plus loin. Et pour poser des bases solides dès le départ, notre formation OBJECTIF JAPON vous accompagne pas à pas, du premier hiragana jusqu’à la maîtrise des structures essentielles. Nous proposons d’ailleurs un pack d’entraînement à l’oral en plus pour ceux qui n’ont pas confiance en eux : Pera Pera. 💋
Avez-vous déjà trébuché sur l’une de ces erreurs ? N’hésitez pas à partager votre expérience dans les commentaires !
FAQ – Les erreurs fréquentes en japonais
Au-delà de la langue, certains comportements peuvent surprendre ou gêner vos interlocuteurs japonais. Parler fort dans les transports en commun, manger en marchant dans la rue, ou ne pas retirer ses chaussures en entrant dans un logement sont des impairs courants chez les visiteurs étrangers. Sur le plan linguistique, mélanger les registres poli et familier dans une même conversation est probablement l’erreur la plus remarquée par les natifs.
Oui, dans la grande majorité des cas. Les Japonais sont généralement bienveillants avec les apprenants étrangers et apprécient sincèrement l’effort de parler leur langue. Les erreurs de prononciation ou de grammaire ne bloquent pas la communication tant que le contexte reste clair. Ce qui peut davantage dérouter, c’est un mélange de registres ou une intonation très marquée qui transforme une affirmation en question.
Non, pas nécessairement. Pour un débutant, l’essentiel est d’utiliser un registre cohérent de bout en bout, poli ou familier selon la situation. Le keigo(けいご・keigo, le japonais formel et honorifique)est une couche supplémentaire qui s’apprend dans un second temps, une fois les bases bien assimilées. Se lancer trop tôt dans le keigo sans maîtriser les formes standard peut même générer plus de confusion.
Ces deux formes jouent le même rôle grammatical (elles équivalent à « est » ou « c’est » en français), mais dans des registres différents. です(です・desu)est la forme polie, utilisée dans les situations formelles ou avec des personnes que l’on ne connaît pas bien. だ(だ・da)est la forme familière, réservée aux amis proches ou aux contextes informels. L’erreur fréquente est de les mélanger au sein d’une même phrase ou conversation.
Tout à fait. La prononciation japonaise est en réalité plus accessible que celle de nombreuses autres langues : le nombre de sons distincts est limité, et il n’y a pas de tons comme en mandarin. Avec des ressources audio de qualité et une pratique régulière du shadowing, il est tout à fait possible d’atteindre une prononciation claire et compréhensible sans jamais avoir mis les pieds au Japon.
Cela dépend du rythme de pratique, mais la bonne nouvelle est que ces erreurs-là se corrigent assez rapidement, car elles sont toutes conscientes une fois qu’on les connaît. En quelques semaines de pratique attentive, la plupart des apprenants réguliers constatent une nette amélioration sur la prononciation et la cohérence des registres. L’intonation, elle, demande un peu plus de temps, car elle s’intègre surtout par l’écoute et l’imitation.



9 commentaires
Roche martial
Bonjour, excellent article totalement mon cas pour la prononciation des h 法律par expemple ou les tsu petit 集発 . Bonne continuation excellent travail merci beaucoup pour tes articles intéressant à lire . またね。
Jean-Pierre Hétu
J’ai tenté d’obtenir l’ebook à quelques reprises mais je ne l’ai ja,mais reçu
Sophie - Cours de Japonais
Bonjour Jean-Pierre, d’après mon logiciel d’envoi d’e-mails, vous avez reçu mon guide gratuit par mail il y a 6 mois. Il est peut-être arrivé dans vos spams à ce moment-là. Je vous le renvoie tout de suite par mail 🙂
Jean-Pierre Hétu
Je l’ai bien reçu