Combien de temps pour apprendre le japonais ?

Combien de temps pour apprendre le japonais ?

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Combien de temps faut-il pour apprendre le japonais ?

Si vous saviez le nombre de fois qu’on m’a posé cette question ! J’ai toujours envie de répondre « toute une vie » car j’estime qu’il y aura toujours de nouveaux mots et expressions qu’on ne connait pas, comme dans n’importe quelle langue, même en français.

Sauf que je me doute que cette réponse ne vous satisfera pas 😉 Et comme vous avez cliqué pour lire cet article, je me dois de vous apporter des informations concrètes qui pourront vous aider. A ce titre, il nous faut partir sur une base quantifiable afin de pouvoir évaluer concrètement combien de temps que cela requiert d’apprendre une langue comme le japonais.

Parler japonais : ça veut dire quoi ?

Japonaise en yukata avec ombrelle

Combien de temps pour avoir les bases du japonais ?

Déjà, il faut savoir ce que l’on entend par « bases ». Pour vous, qu’est-ce que cela représente ?

Est-ce que c’est apprendre les deux alphabets kana, ou bien est-ce les 50 premiers kanji ? Connaître toutes les particules grammaticales, ou bien être autonome lors d’un voyage au Japon ? Valider un niveau de JLPT ? Lequel ?

Cela reste encore très flou.

Pour certaines personnes, maîtriser les deux alphabets syllabaires japonais est déjà une énorme étape à franchir, et l’on peut effectivement considérer que cela représente réellement la base du japonais. Mais en connaissant uniquement ces deux alphabets, il nous est encore impossible de nous exprimer ou de comprendre des phrases car il nous manque la grammaire et le vocabulaire.

Jusqu’où considère-t-on que l’on reste dans les bases d’une langue étrangère ? A quel moment passe-t-on dans le niveau intermédiaire, puis avancé ?

Dans les différentes écoles de japonais avec lesquelles je suis partenaire, il est considéré que le niveau débutant (donc les bases) représente le JLPT5 + 4. Cela me parait être un bon référentiel car on estime qu’on utilise à 100% le N5 + N4 dans la vie quotidienne au Japon, environs 60% du N3, 20% du N2 et seulement 5% du N1*.

D’après mon expérience en tant que professeur de japonais, mais également en tant qu’apprenante moi-même, je considère que le JLPT5 représente les bases fondamentales de la langue japonaise, et que le N4 est une extension qui permet d’aller plus loin, tout en restant dans un niveau de langue basique.

Donc effectivement, d’après ces critères, on peut être d’avis que les bases du japonais sont contenues dans ces deux premiers niveaux de JLPT. Le niveau intermédiaire serait le parcours entre le N4 et le N2, tandis que le niveau avancé arrive après avoir validé le N2.

Si vous le souhaitez, je pourrai consacrer un article entier à l’examen du JLPT et ses différents niveaux. Faites-moi savoir en commentaire si cela vous intéresse 😊

Qu’en disent les institutions ?

En plus de mon expérience personnelle et professionnelle, j’aimerais également que l’on s’intéresse aux différentes études et estimations menées par des institutions reconnues :

Jusqu’en 2008, le JEES (Japan Educational Exchanges Service) estimait que le niveau JLPT5 (le plus bas) ne demande que 150 heures d’études, le JLPT2 (niveau de langue courant que l’on considère comme « bilingue ») est à 600 heures, et le JLPT1 (le plus élevé, niveau de langue très soutenu que même certains Japonais n’ont pas) prend 900 heures d’études seulement en partant d’un niveau zéro. Depuis 2008, ces estimations ont été retirées de leurs communications officielles car elles semblaient vraiment irréalisables.

Une étude menée par le JLEC (Japanese Language Education Center) entre 2010 et 2015 a donné comme résultat que le N5 est estimé à 325~600 heures d’études, le N2 à 1600~2800 heures, et le N1 à 3000~4800 heures. Leurs estimations tiennent compte du point de vue de personnes étrangères qui ne sont pas nées dans un pays utilisant des kanji. Pour les Chinois, Taiwanais et autres, ces heures d’études sont considérablement réduites.

D’après le US Foreign Service Institute, le japonais fait partie du groupe de langue qui requiert le plus d’heures d’apprentissage pour un anglophone, c’est-à-dire 2200 heures pour atteindre « un bon niveau de maîtrise ». Cela correspond au Niveau 3 de l’Interagency Language Roundtable Scale. En gros, c’est le niveau où on est capable de gérer la plupart des conversations personnelles ou professionnelles, et être compris la majeure partie du temps (JLPT 3~2 environs).

Il y a encore bien d’autres études dont on pourrait parler ici, mais je trouve que les chiffres évoqués par le JLEC sont plutôt justes et nous permettent de se faire déjà une bonne idée du temps nécessaire à l’apprentissage du japonais en étant francophone.

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Combien de temps pour acquérir une fluidité à l’oral ?

Avec très peu de grammaire, il est déjà totalement possible de parler de manière perapera, c’est-à-dire fluide. C’était par exemple mon cas dès le début, avec à peine un JLPT5 mais que je maîtrisais parfaitement. J’avais peu de connaissances grammaticales, mais à force de répéter toujours les mêmes phrases et de chanter (en yaourt 😉 ) les paroles de mes morceaux préférés, j’ai rapidement acquis des automatismes, et je n’avais pas de difficulté à me faire comprendre lors de conversations simples.

De même pour une camarade Iranienne qui était dans la même classe que mon mari en 2018 à Kyoto. Elle ne connaissait pas beaucoup de grammaire et était incapable d’écrire le moindre kana, mais elle était très à l’aise à l’oral grâce à un vocabulaire riche et en ayant rapidement pris l’habitude de s’exprimer à voix haute sans pour autant avoir jamais vécu au Japon.

Il est important de bien comprendre qu’on peut tout à fait parler sans problème une langue étrangère sans avoir jamais mit les pieds dans le pays en question. Pour développer votre aisance à l’oral, je vous recommande de pratiquer le shadowing dont je parle dans cet article, et de vous entourer le plus possible de ressources audio en japonais (chansons, séries, etc).

Combien de temps pour être bilingue en japonais ?

Tokyo capitale du Japon Japonais

Être bilingue, ça veut dire quoi ?

Encore une fois, il est important de préciser de quoi on parle car la définition de bilingue n’est pas la même pour tout le monde.

Selon le dictionnaire, « bilingue » signifie simplement « une personne qui parle deux langues ». En soit, même avec peu de connaissances linguistiques, on peut rapidement « parler japonais », comme par exemple l’Iranienne dont je parlais ci-dessus.

Pour certaines personnes, « bilingue » signifie pouvoir se débrouiller suffisamment pour se faire comprendre, tandis que pour d’autres cela requiert un niveau de langue suffisant pour travailler dans un pays étranger.

La définition que d’autres personnes accordent à ce mot est « maîtriser une langue étrangère aussi bien que sa propre langue maternelle », ce qui n’est pas possible à moins d’avoir grandi dès le plus jeune âge avec deux parents de nationalités différentes. Et encore, même dans ce cas, d’après ce que j’ai pu observer autour de moi, il y a toujours une des langues qui prend le pas sur la deuxième (la langue du pays dans lequel l’enfant est élevé).

Toujours en me basant sur les personnes de mon entourage, j’ai également remarqué que ce n’est pas parce que vous habitez pendant plus de 10, 15 ou 20 ans dans un pays que vous comprenez parfaitement tous les mots comme un natif.

Après 20 ans dans le pays, toujours pas « bilingue » ? 

Je vais vous donner deux exemples de personnes que je connais bien : ma belle-sœur est Hongroise. Elle a fait des études prestigieuses en France et vit désormais ici avec mon frère. Elle a une excellente maîtrise du français, mais a conservé un fort accent. Malgré cela, elle n’a pas eu de difficultés à décrocher un bon travail. Néanmoins, malgré toutes ces années, elle se trompe encore entre le genre masculin et féminin de certains mots, et cela arrive même qu’elle rencontre un terme qu’elle ne connait pas (dernier exemple en date : le mot « rapace »). Peut-on tout de même considérer qu’elle est bilingue ? Probablement oui, car elle maîtrise les nuances du français, l’humour, l’ironie, etc. Est-ce que pour autant son français est parfait et sonne comme une native ? Non. Est-ce grave ? Je ne pense pas.

Deuxième exemple : lorsque je suis allée au Japon pour la première fois, j’avais 15 ans. Je vous en ai déjà parlé juste ici, mais c’était grâce à l’Association Franco-Japonaise de Franche-Comté. Je suis partie avec 3 amis du lycée, et nous avons passé 3 semaines dans la jolie ville de Gifu, au centre de l’archipel. Là-bas, nous avons été pris en charge par un professeur de français qui enseigne notre belle langue à l’Université de Gifu. A cette époque, cela faisait déjà plus de 20 ans qu’il habitait là, et avait fondé sa famille avec une Japonaise.

Ce professeur s’était occupé de nous organiser tout un planning d’activités (ikebana, cérémonie du thé, visite de Tokyo, etc). Durant l’une de ces journées, nous avons été accueillis par le directeur de l’Université de Gifu afin de nous souhaiter la bienvenue, et d’assister à un cours de français afin d’échanger avec les étudiants Japonais. Durant cet entretien avec le directeur, le professeur de français se chargeait de faire la traduction pour que nous comprenions ce qui se disait. Sauf qu’à un moment, le directeur a dit quelque chose que le professeur français n’avait pas compris. Il nous a demandé de faire semblant de comprendre et d’acquiescer en souriant car il ne pouvait pas se permettre de le faire répéter. C’est précisément à ce moment-là que j’ai réalisé que même si je passais toute ma vie au Japon, il me serait impossible de « devenir bilingue ». Et en réalité, cela n’a rien de grave ! 😊

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Même les Japonais au sein de leur propre pays ne se comprennent pas tous. Il suffit de voir le nombre de dialectes parmi toutes les régions de l’archipel ! Je me rappelle d’une Tokyoïte qui avait suivi une visite guidée à Nara, et à la fin de celle-ci elle avait dit « c’était génial mais je n’ai pas compris un seul mot ! ». Le guide était un local utilisant le dialecte de Nara, et la jeune femme ayant grandit à la capitale, c’était comme s’ils ne parlaient pas la même langue.

Parlons peu, parlons chiffres

Calendrier avec dates écrites en japonais

Quel niveau de japonais pour passer le JLPT ?

Le JLPT (Japanese Language Proficiency Test) est l’examen officiel de japonais reconnu dans le monde entier. C’est le moyen le plus simple de quantifier son niveau de japonais puisqu’il existe 5 niveaux (le 5 étant le plus bas, le 1 le plus élevé).

Reprenons les résultats donnés par l’étude du JLEC :

N5 : 325~600 heures d’études
N4 : 575~1000 heures d’études
N3 : 950~1700 heures d’études
N2 : 1600~2800 heures d’études
N1 : 3000~4800 heures d’études

Qu’on déteste les examens ou qu’on les adore, le JLPT a au moins le mérite de pouvoir expliquer clairement quels sont les paliers à atteindre en termes de progression. C’est pour moi la manière la plus facile de se fixer un objectif.

En moyenne, combien de temps faut-il pour apprendre le japonais ?

Pour vous donner une idée, voici en moyenne le temps requis pour atteindre les différents niveaux de JLPT en partant de zéro connaissance en japonais :

En école de langue intensive au Japon (comme KICL ou ECC) :

N5 : 3 mois
N4 : 6 mois
N3 : 12 mois
N2 : 18 mois
N1 : 24 mois

En école de langue japonaise au rythme plus lent :

N5 : 6 mois
N4 : 12 mois
N3 : 18 mois
N2 : 24 mois
N1 : 30 mois

En licence de japonais en France (LLCE) :

N5 : 1 semestre
N4 : 1 an
N3 : 2 ans
N2 : 3 ans
N1 : Master

En cours particulier en France à raison de 2h de cours/semaine :

N5 : 12~15 mois
N4 : 24~30 mois
N3, N2, N1 : Pas de donnée mais on peut supposer entre 12 & 18 mois pour chaque niveau supplémentaire

En autodidacte complet :

Cela dépend totalement du travail fournit par l’étudiant ainsi que du temps consacré chaque semaine à l’apprentissage du japonais.
J’ai déjà rencontré une personne ayant validé le N3 en 14 mois à raison de 7~8h de japonais/jour, mais cela reste exceptionnel. La plupart des autodidactes valideront le N5 en 1~2 ans.

A chacun son objectif

Et c’est à cette conclusion que je voulais en venir.  Quand vous vous posez la question de « combien de temps faut-il pour apprendre le japonais ? », reformulez-la en la rapportant à un objectif quantifiable. Est-ce que je veux maîtriser un niveau de JLPT ? Est-ce que je veux être autonome lors d’un voyage au Japon ? Est-ce que je veux pouvoir lire un magazine de mode en japonais ? Ou encore est-ce que je veux pouvoir devenir mangaka au Japon ?

Selon votre objectif, le niveau de langue à atteindre ne sera pas du tout le même, et cela ne vous prendra pas du tout le même temps selon vos capacités, d’où vous partez, de la méthode employée et du temps que vous consacrez chaque jour aux études de japonais.

Cet article n’a pas pour but de vous démoraliser en voyant ces gros chiffres qui font peur (4800 heures d’études pour le N1 !! (XoX), mais au contraire pour vous aider à définir des objectifs intermédiaires réalistes qui vous permettront d’aller de l’avant.

Pour tous les autodidactes en japonais, je vous recommande chaleureusement de commencer par lire et appliquer ces 8 étapes indispensables à votre apprentissage.

Et si jamais vous avez pour projet de partir étudier dans une école de langue au Japon, je serais ravie de vous aider à concrétiser ce projet 😊 Vous pouvez découvrir les écoles avec lesquelles je suis partenaire en cliquant ici !

Si vous rencontrez des difficultés en japonais, ou que vous souhaitez témoigner de votre propre parcours, ce sera avec plaisir que je lirai tous vos commentaires en bas de cette page ! 😊

Bon courage à tous, et bon apprentissage !!

*Pourcentages à titre indicatif, information tirée de mes professeurs de japonais à Kyôto, non basée sur une étude officielle.

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3 commentaires

  • jennifer

    Merci pour cette article. Je suis en autodidacte et j’aimerais partir en vacances au Japon , est ce qu’il possible de trouver des écoles pour apprendre la langue quand on n’est pas étudiante. bonne soirée.

    • Sophie - Cours de Japonais

      Salut Jennifer,
      Les écoles dont je parle dans l’article et avec lesquelles je suis partenaire sont ouvertes à toute personne ayant plus de 18 ans, sans aucune restriction d’âge 🙂

      Si c’est pour un voyage court (quelques semaines), je te recommande les cours d’été à la KICL de Kyoto. Sinon, ce sera 3 mois minimum (à la KAI de Tokyo par exemple).
      N’hésite pas à me contacter si tu as besoin d’aide ou d’informations 🙂

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