Matsuri de O-bon mi aout à Tokyo

O-Bon (お盆) : la fête des morts au Japon

Le festival de O-Bon (お盆 ) est un évènement annuel célébré depuis des siècles au Japon. 

Cette période fait partie des trois périodes de “vacances” japonaises de l’année avec la Golden Week et le Nouvel An. Il s’agit donc d’un événement annuel important, marqué par le rassemblement de la famille et des amis, ainsi que par des cérémonies et des rituels spéciaux. Certaines entreprises donnent même des congés obligatoires à leurs employés sur cette période (l’entreprise peut fermer). 

Mais O-Bon est loin d’être une simple periode de repos. C’est avant tout un moment de fête, mais aussi de recueillement pour les Japonais à travers tout le pays. 

Qu’est-ce qu’O-Bon ?

La Fête des Morts japonaise : respect aux ancêtres

Le festival O-Bon (お盆) est une fête annuelle japonaise qui commémore les ancêtres décédés. La croyance populaire veut que les esprits reviennent alors sur terre pour rendre visite à leurs proches. On se réunit donc en famille pour aller nettoyer les tombes des disparus (un peu comme à la Toussaint en France), mais on en profite également pour célébrer l’évènement de manière plus bruyante en profitant des matsuri qui ont toujours lieu à cette période.

on déguste le kakigori au o bon matsuri de tsukiji



Mokuren, l’origine de O-Bon

Célébré depuis plus de 500 ans, cet évènement est d’origine bouddhiste. Je n’ai pas eu l’occasion de demander à des prêtres, mais il semblerait que l’origine de la fête vienne de l’histoire de Mokuren. Ce disciple de Bouddha utilisa ses pouvoirs pour voir l’esprit de sa mère décédée, pensant la trouver dans un paradis. Hélas, il découvrit alors qu’elle était tombée dans le “Royaume des Fantômes Affamés” et qu’elle souffrait beaucoup de faim et de soif. 

Mokuren a alors imploré le Bouddha de sauver sa mère. Celui-ci lui dit « Invitez des moines, organisez un service et offrez de la nourriture à tous ceux qui souffrent de la famine comme votre mère. »

Par ses offrandes, Mokuren sauva l’esprit de sa mère. Il dansa alors de joie et de gratitude.

Traditionnellement, la fête est célébrée du 13e au 15e jour du 7e mois (dates indiquées par Bouddha pour faire les offrandes). Vous allez me dire : “Mais le 7e mois c’est juillet, non ?” Selon le calendrier lunaire, le 7e mois est août. O-Bon est donc célébré à des dates différentes selon les régions et en fonction du calendrier utilisé. Mais généralement le plus gros de l’évènement se passe mi-août.

Le 11 août étant un jour férié (jour de la montagne), cette date est souvent utilisée comme signal de départ en congés pour de nombreux Japonais qui reviendront aux alentours du 17 août.

Les tôrô nagashi, lanternes flottantes

Les tôrô nagashi, ce sont des lanternes flottantes que l’on achète aux moines (elles sont alors bénies) puis qu’on lance sur l’eau d’une rivière pour symboliser le retour des esprits vers l’au-delà. Je crois que les coutumes varient d’une région à l’autre. À Ashikaga, dans la préfecture de Tochigi, les lanternes ont un cadre coloré. On y inscrit le nom des proches disparus au marqueur avant de la faire bénir, de l’allumer et de la mettre à l’eau. Cette très belle cérémonie a souvent lieu au moment de clôture des festivités de O-Bon.

les lanternes sur l'eau du toro nagashi pour o-Bon au Japon



Le Bon Odori : les danses de O-Bon

Bon Odori est la danse traditionnelle d’O-Bon. Le style varie en fonction des régions et de leurs traditions. C’est à ma connaissance l’un des seuls matsuri japonais où tout le monde danse en cercle à l’unisson au son de musiques populaires.

Au milieu de la foule, décoré de nombreuses lanternes, se dresse une tour sur laquelle sont installés les musiciens et joueurs de taiko (gros tambours japonais). Autour d’eux sur une estrade plus basse nommée yahura, une ronde de danseurs évolue en yukata. Selon les danses, il faudra tourner autour de la tour dans le sens horaire ou antihoraire et effectuer une série de mouvements assez courte pour être retenue facilement par la foule.

C’est tout l’intérêt des Bon Odori : tout le monde peut participer ! La règle en revanche est de ne pas sortir son téléphone ou son appareil photo lorsque l’on entre dans le cercle des danseurs ! Pas question de gâcher la vie aux autres en voulant faire un selfie inapproprié.

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Où aller pour O-Bon ?

O-Bon à Tokyo : direction Tsukiji 

Si vous souhaitez profiter des Bon Odori à Tokyo, ne vous inquiétez pas, plusieurs options s’offrent à vous. Mon conseil est de vous rendre à Tsukiji, au temple Tsukiji Honganji où habitants et visiteurs se rassemblent pour plusieurs soirées de festivités. 

Dansez au rythme des tambours taiko ou dégustez de petites douceurs (kakigôri, morceaux de pastèque, brochettes…)

le O Bon odori de Tsukiji à Tokyo



O-Bon à Kyoto : le 大文字 (Daimonji)

Quelle que soit la période de l’année, Kyoto est toujours un bon plan. Si tout le mois de juillet la ville est éclairée par les lanternes du gigantesque Gion Matsuri, mi-août c’est le tour des montagnes environnantes de s’illuminer !
Vous avez peut-être déjà aperçu le grand signe 大 “dai” tracé dans la montagne en observant les alentours ? Celui-ci est au cœur des festivités de Kyoto Gozan Okuribi ou “Festival des Feux de Daimonji”.

Ce signe est très célèbre. Si vous venez visiter Kyoto, vous le retrouverez sans doute sur diverses cartes postales, tenugui… il s’agit d’un idéogramme géant. Il mesure approximativement 160 mètres de hauteur sur 80 mètres de largeur. 

S’il est le plus célèbre, il est loin d’être le seul signe gravé dans la montagne. Au total il en existe 5, chacun situé sur une montagne autour de Kyoto. Au moment de O-Bon (généralement le 16 août), ces signes sont enflammés et illuminent la nuit : l’idéogramme « Dai » (大) qui signifie grand sur la montagne Daimonji, un autre idéogramme « Dai » sur la montagne Daihoku. Les symboles Myô (妙) sur Nishi-yama, Hô (法) sur Higashi-yama, un bateau sur Funa-yama et un Torii sur Mandara-yama.

Leur but ? Guider les ancêtres venus voir leurs proches pour leur permettre de regagner plus facilement l’au-delà.

Si vous avez la chance d’y être, profitez-en à fond ! Baladez-vous dans les rues, trouvez le bon spot d’observation et buvez à la santé des ancêtres ! 

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Les 5 signes de feux dans les montagnes de Kyoto



O-Bon à Gifu : les danses endiablées du Gujo Odori 

Le festival de danse Gujo Odori est l’un des trois plus importants festivals de Bon Odori au Japon. Depuis 2022, il a même été inscrit sur la liste du Patrimoine Culturel Immatériel de l’UNESCO. C’est donc un évènement à voir au moins une fois dans sa vie ! 

Imaginez : les danses se déroulent de fin juillet à mi-septembre. Le point culminant du festival étant les quatre jours de O-Bon, du 13 au 16 août. Pendant ces quatre nuits, la danse durera de 20 h à 5 h du matin. Les responsables de l’office du tourisme m’ont aussi affirmé qu’ils attendaient à ce moment-là entre 50 000 et 60 000 danseurs !!
Imaginez l’ambiance.

Le festival Gujo Odori a vu le jour il y a plus de 400 ans. Il s’agissait alors d’encourager tous les citoyens de la ville à se réunir, quel que soit leur niveau social ou leur position. Cet esprit demeure aujourd’hui le cœur et l’âme de ce festival de danse très populaire. Attention en revanche, Gifu est une préfecture plus difficile d’accès et je vous conseille de coupler les festivités avec d’autres visites dans le coin (cela en vaut la peine).

Alors ? Avez-vous décidé où vous passerez le O-Bon ? Connaissiez-vous déjà cet évènement très important de la culture japonaise ? J’aime cette façon de mélanger des réjouissances bruyantes et joyeuses avec la solennité des moments de recueillements en hommage aux disparus.

C’est une expérience que vous n’oublierez pas, j’en suis sûre.

Si vous ne savez pas encore à quelle saison programmer votre voyage au Japon, alors je vous conseille cet article “Que visiter en fonction des saisons”.
Et pour en savoir plus sur l’été japonais en particulier, allez jeter un œil à cet article-ci !


Images par Steen et Midjourney

Isabelle VANSTEENKISTE

Isabelle est journaliste au Japon depuis plus de 4 ans. Directrice éditoriale de Lepetitjournal.com Tokyo, un média pour expatriés français, elle travaille également comme freelance pour divers médias et a publié un thriller se déroulant au Japon : Kuro Neko.

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