souvenir de temple japonais

Quels souvenirs acheter dans les temples & sanctuaires au Japon ? (ema, goshuin, omikuji, etc)

Vous visitez un temple bouddhiste ou un sanctuaire shintô au Japon, et vous repartez les mains vides ? Grosse erreur. Contrairement aux boutiques pour touristes, ces lieux vendent de vrais objets traditionnels, chargés de sens et à des prix très raisonnables. 

Mais attention, on n’achète pas n’importe quoi, n’importe comment, sans connaître la signification de ce que l’on ramène chez soi ou à un ami.

Voici notre petit guide pour vous aider.

 
Les types de souvenirs traditionnels des sanctuaires japonais

Dans un temple (dera/tera, 寺) ou un sanctuaire (jinja, 神社), on trouve différents types d’objets avec des fonctions bien différentes.

  • Les porte-bonheur et objets de protection : ema, omamori. On les achète pour soi, pour un proche, ou pour accompagner un vœu précis (examen, santé, amour, réussite professionnelle).
  • Les prédictions et souvenirs de visite : omikuji (tirage de fortune) et goshuin (tampon calligraphié qui prouve votre passage).

Vous pouvez tout acheter sans restrictions, cependant, respectez les files d’attente, soyez respectueux et, si vous décidez d’utiliser directement sur place vos omikuji ou ema, assurez-vous de bien respecter les règles dont je vais vous parler juste en dessous.

Goshuin (御朱印) : les tampons de temples et sanctuaires

Qu’est-ce qu’un goshuinchō (御朱印帳) ?

Le goshuinchō est un carnet accordéon, souvent recouvert de tissu ou de papier illustré, destiné à recevoir vos goshuin. Pensez-y comme à un passeport spirituel : chaque page accueille un tampon différent, associé à un temple ou sanctuaire précis.

Où acheter un goshuinchō et à quel prix ?

On l’achète directement au comptoir (juyōsho, 授与所) du premier temple ou sanctuaire visité. Comptez entre 1 500 et 3 000 yens (environ 9 à 18 €), selon la qualité du tissu et les motifs. Certains lieux touristiques, comme le sanctuaire Meiji ou le temple Sensō-ji proposent des carnets à motifs exclusifs, plus recherchés par les collectionneurs. Vous pouvez aussi en trouver dans des boutiques de papeteries comme LOFT, Hands, et autres plus petites boutiques.

C’est quoi un goshuin  ?

Le goshuin est une calligraphie à l’encre noire, accompagnée d’un ou plusieurs tampons rouges, réalisée à la main par un moine ou un membre du personnel du lieu. Elle indique généralement le nom du temple/sanctuaire et parfois une divinité ou un symbole associé.

⚠️⚠️ Petit détail important : ce n’est pas un simple tampon touristique. Il faut le demander poliment, patienter (la calligraphie prend quelques minutes), et éviter de discuter fort ou de photographier le moment sans autorisation. Il est aussi impoli de demander un goshuin sur un carnet autre que le goshuichô, ou de mélanger tampons de gares et goshuin dans le goshuichô. Il est donc normal qu’un prêtre s’y refuse.

Quel est le prix d’un goshuin ?

Comptez en moyenne 300 à 500 yens (2 à 3 €) par goshuin. Certains lieux très prisés ou proposant des designs saisonniers (édition automne, sakura, etc.) peuvent monter jusqu’à 1 000 yens.

Quelle différence entre le tampon goshuin et le tampon eki ?

Facile à confondre, mais très différents dans l’esprit :

Goshuin (御朱印)Tampon eki (駅スタンプ)
LieuTemples et sanctuairesGares de train
Réalisé parUn moine/prêtre, à la mainAuto-encreur en libre-service
PrixPayant (300-500 yens)Gratuit
SignificationPreuve spirituelle de visiteSouvenir touristique ludique

Le goshuin a une valeur presque religieuse, preuve de son passage/pèlerinage ; le tampon de gare (eki stamp) relève plutôt du jeu de piste pour voyageurs et collectionneurs de carnets de voyage.

Ema (絵馬) : la plaque votive en bois

C’est quoi un ema ?

Un ema est une petite plaque de bois, souvent en forme de maison ou ornée d’un motif (animal du zodiaque, divinité, symbole du lieu), sur laquelle on écrit un vœu. On l’accroche ensuite sur un présentoir dédié dans l’enceinte du sanctuaire, où les prêtres les bénissent périodiquement.

Le mot lui-même signifie littéralement « cheval peint » (絵 e, image / 馬 uma-ba, cheval) : à l’origine, on offrait de vrais chevaux aux divinités, remplacés au fil du temps par des représentations peintes, plus pratiques.

ema des temples japonais variés
©Isabelle Vansteenkiste


Comment utiliser un ema ?

Rien de compliqué, il suffit de suivre ces étapes :

  1. Achetez la plaque au comptoir.
  2. Retournez-la : un côté est déjà illustré (animal du zodiaque, motif du sanctuaire…), l’autre est vierge et destiné à l’écriture.
  3. Écrivez votre vœu au feutre mis à disposition ou avec votre propre stylo. Vous pouvez écrire en français, aucune obligation de le faire en japonais.
  4. Ajoutez votre prénom et votre pays si vous le souhaitez (facultatif, mais courant chez les visiteurs étrangers).
  5. Accrochez la plaque sur le présentoir en bois prévu à cet effet (souvent près de l’entrée principale du sanctuaire).
  6. Repartez sans elle : contrairement à un souvenir classique, l’ema doit rester sur place. C’est ce qui permet, selon la tradition, au vœu d’être « transmis » aux divinités.

Petite astuce : prenez une photo avant de l’accrocher, c’est le seul souvenir qu’il vous restera de votre vœu.

Si vous ne souhaitez pas l’utiliser, vous pouvez simplement conserver la plaque en souvenir.


Quel est le prix d’un ema ?

Entre 500 et 1 000 yens (3 à 6 €), selon la taille et le décor. Il existe parfois plusieurs ema liés à un temple. Le ema “classique” de celui-ci et un ema saisonnier ou spécifique, par exemple en début d’année, avec l’animal de zodiaque de la nouvelle année. 

 
Omikuji (おみくじ) : des prédictions à gogo

C’est quoi un omikuji ?

L’omikuji est un tirage au sort de fortune, généralement sous forme d’une bandelette de papier fine glissée dans un tube, une figurine, ou tirée d’une boîte. 

Si le tirage est mauvais, pas de panique : la tradition veut qu’on noue la bandelette sur un fil ou une branche prévue à cet effet, dans l’enceinte du sanctuaire. Cela permet, symboliquement, de laisser le mauvais sort sur place plutôt que de le ramener chez soi.

tirer un omikuji au temple
©Aurélie Chapotin


Comment utiliser un omikuji ?

Le rituel se déroule en général ainsi :

  1. Payez dans une boîte à offrande ou à un distributeur, souvent en libre-service (100 à 300 yens).
  2. Tirez votre sort : selon le lieu, cela peut être une boîte en bois qu’on secoue pour en faire sortir un bâtonnet numéroté (à échanger contre le papier correspondant), ou directement un tirage aléatoire dans une boîte remplie de figurines ou directement de bandelettes pliées.
  3. Dépliez la bandelette : elle indique un niveau de chance, du meilleur au pire :
    • Daikichi (大吉) : grande chance
    • Kichi (吉) : chance
    • Chūkichi (中吉) : chance moyenne
    • Shōkichi (小吉) : petite chance
    • Suekichi (末吉) : chance à venir
    • Kyō (凶) : malchance
    • Daikyō (大凶) : grande malchance
  4. Lisez les prédictions détaillées souvent présentes sur la bandelette (santé, amour, travail, voyage…). Une traduction en anglais est parfois disponible dans les lieux très touristiques.
  5. Décidez quoi en faire :
    • Si le tirage est bon, vous pouvez le garder sur vous ou dans votre portefeuille comme porte-bonheur.
    • Si le tirage est mauvais, la tradition veut qu’on le noue sur un fil, une branche ou une structure métallique prévue à cet effet dans l’enceinte du sanctuaire, afin d’y laisser le mauvais sort plutôt que de le ramener chez soi.

Aucune obligation religieuse à respecter ce rituel à la lettre : beaucoup de visiteurs le vivent simplement comme une expérience culturelle amusante.


Quel est le prix d’un omikuji ?

Généralement entre 100 et 300 yens (moins de 2 €). C’est l’un des souvenirs (ou plutôt, l’expérience) les moins chers et les plus amusants à tenter, même sans parler japonais.

Omamori (お守り) : pour se protéger du mal et réussir ses examens

C’est quoi un omamori ?

L’omamori est un petit sachet brodé, fermé, contenant une prière ou un objet sacré à l’intérieur qu’il ne faut surtout pas ouvrir, sous peine de perdre son pouvoir protecteur selon la croyance populaire. 

Chaque omamori est associé à un vœu précis :

  • Gōkaku (合格) : réussite aux examens
  • Kōtsū anzen (交通安全) : sécurité routière
  • En-musubi (縁結び) : rencontre amoureuse
  • Kenkō (健康) : santé
  • etc.
omamori de différents temples japonais
©Isabelle Vansteenkiste

On l’accroche généralement à son sac, ses clés ou son téléphone. Si c’est un omamori sensé attirer la fortune, il est conseillé de le glisser dans son portefeuille ou porte-monnaie.

Dans les temples populaires, il arrive que les types d’omamori soient expliqués en anglais.
Il existe des omamori très spécifiques dans certains temples/sanctuaires, liés à la réputation du temple. Si l’endroit est réputé comme favorable aux femmes enceintes, vous pouvez être sûr que vous y trouverez des omamori liés à une grossesse sans danger !

Quel est le prix d’un omamori ?

Comptez entre 500 et 1 500 yens (3 à 9 €) selon le sanctuaire et le type de vœu. Les omamori pour la réussite scolaire sont particulièrement populaires autour des périodes d’examens au Japon.

Pour aller plus loin

Envie d’en savoir plus sur les croyances derrière ces objets ? Consultez nos articles sur les superstitions japonaises et sur la différence entre temple bouddhiste et sanctuaire shintô — deux lectures qui éclairent beaucoup de choses sur ce que vous ramènerez dans vos valises.

Un cadeau typique du Japon, souvenir pas cher et facile à transporter !

Pourquoi, selon moi, les souvenirs de temples et sanctuaires japonais font de bons cadeaux ? Ces objets ne sont pas de simples babioles touristiques : ils font partie intégrante de la culture spirituelle japonaise, et constituent des cadeaux authentiques, personnels et abordables, bien loin des porte-clés génériques.
D’ailleurs, si vous souhaitez mieux comprendre les superstitions japonaises et leur importance dans la culture du pays, je vous conseille notre article dédié au sujet.

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Enfin, avant de partir, je vous recommande vivement notre guide pour vous comporter correctement lors de votre visite d’un temple ou d’un sanctuaire japonais !

Isabelle VANSTEENKISTE

Isabelle est journaliste au Japon depuis 2020. Directrice éditoriale de Lepetitjournal.com Tokyo, un média pour expatriés français, jusqu'en 2026, elle travaille désormais comme freelance pour divers médias japonais, français et anglais et a publié un thriller se déroulant au Japon : Kuro Neko.

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