Meilleure méthode pour apprendre kanji

La meilleure méthode pour apprendre les kanji

Quelle est la meilleure méthode pour apprendre les kanji, mais surtout pour s’en souvenir sur le long terme ?

On se pose tous cette question lorsque l’on s’intéresse à la langue japonaise.

A ce propos, il y a quelques temps je vous avais demandé sur mon compte Instagram quelle était la principale difficulté que vous rencontrez dans vos études de japonais, et la grande majorité d’entre vous m’avez répondu sans surprise : les kanji.

La meilleure méthode pour apprendre les kanji ?

Soyons clair : les kanji représentent la partie la plus difficile de la langue japonaise. Ils sont nombreux, ils font peur, et ils découragent bien souvent les apprenants d’aller plus loin.

Je les ai moi-même détestés à mes débuts, tandis que désormais je les adore.

Mais la question n’est pas de savoir si oui ou non ils vous plaisent ; dans tous les cas, si vous souhaitez un jour être capable de lire couramment le japonais, les kanji seront une étape obligatoire dans votre parcours. On estime qu’il faut en connaître 2200 pour lire le journal couramment. Alors autant s’y préparer du mieux possible et trouver dès le départ la meilleure méthode pour apprendre les kanji !

Après des années de galère à appliquer bêtement les conseils de mes profs, je ne voyais toujours pas le bout du tunnel. J’ai fini par me demander s’il n’existait pas une méthode réellement efficace pour apprendre les kanji, mais surtout pour les retenir sur le long terme.

Et effectivement, ça existe ! Je vais aujourd’hui la partager avec vous 😊

Avant d’aller plus loin :

Si vous n’êtes pas encore bien à l’aise avec le concept de kanji, je vous recommande de lire mon précédent article qui vous expliquera quels sont les 3 systèmes d’écriture en japonais. Cela vous sera indispensable pour profiter pleinement de la suite.

La méthode pour apprendre les kanji enseignée dans les écoles… et qui ne fonctionne pas !

300 pages de kanji plus tard…

Méthode d'écriture à la chaîne pour écrire les kanji

Je me rappelle que lorsque j’ai intégré la fac de japonais à Paris, et ensuite lorsque je suis partie étudier en école de langue au Japon, on me faisait écrire des pages entières de kanji pour que je m’en souvienne. J’ai passé des heures entières de ma vie à remplir des carnets et autres feuilles volantes de mes jolis idéogrammes, à grand coup de stylos billes et critériums. J’ai mal au poignet rien que d’y repenser !

Et bien devinez quoi ?

Malgré tout ça, j’étais extrêmement mauvaise en kanji. Je ne parvenais pas à les mémoriser correctement, et j’étais incapable de les écrire de tête lors des examens.

Je pensais être la seule dans ce cas, et que c’était un problème lié à moi, et non pas à l’apprentissage. Je me disais que mes profs avaient bien réussi, eux, à les retenir et que désormais ils les connaissaient tous sur le bout des doigts. J’étais frustrée, énervée, et je me sentais vraiment très nulle. Je me disais que jamais je ne pourrais atteindre un bon niveau en japonais à l’écrit.

Mais j’avais faux sur toute la route !

En discutant avec d’autres étrangers apprenant le japonais comme moi, et au fil du temps et de mes lectures, j’ai fini par comprendre que j’étais loin d’être la seule à avoir essuyé un échec cuisant avec ces centaines d’idéogrammes. Le problème ne venait pas de moi, mais bel et bien de la méthode.

C’est juste plus simple aux enseignants dans les écoles de nous donner une liste de kanji (ou de vocabulaire) à apprendre, et de nous interroger le lendemain pour savoir si on la maîtrise. Sauf qu’en réalité, notre cerveau n’est pas fait pour apprendre par cœur des informations sans les analyser ou les comprendre réellement.

Le bourrage de crâne, très peu pour moi.

Le jour où on pourra s’implanter des informations dans le cerveau en un simple clic, on en reparlera. Mais pour le moment ce n’est pas faisable, alors il faut bel et bien trouver une solution.

Alors comment faire ?

La méthode miracle pour apprendre les kanji… ou presque !

idée solution miracle

On ne va pas se mentir : il n’existe aucune recette miraculeuse, quelle qu’elle soit.

Si je vous dis qu’avec une astuce géniale vous allez perdre 10kg en 2 jours, vous n’y croiriez pas. Et vous auriez raison.

Alors si je vous dis qu’avec une seule méthode vous retiendrez 2200 kanji en 1 mois, ça paraît trop beau pour être vrai.

D’après certains chiffres que j’ai pu lire sur Internet, avec 6h/jour de travail, il serait possible de tous les mémoriser en 30 jours.

En vérité, je pense qu’effectivement ça peut être faisable.  Mais je pars du principe que la grande majorité d’entre nous ne pourra pas suivre un rythme aussi soutenu pendant une période aussi longue.

Pour le commun des mortels comme moi, je vous propose deux solutions qui, en les combinant, révèleront les points forts de chacune afin d’optimiser au mieux le fonctionnement de notre cerveau.

Dans cet article, nous allons déjà parler de la première, qui pour moi est la meilleure méthode pour apprendre les kanji japonais. La seconde technique sera plutôt orientée mémorisation à long terme, et je lui consacrerait un deuxième article car il y a beaucoup à dire sur ce sujet également.

Merci d’avoir déverrouillé l’article ! Je vous ai envoyé mon e-book, pensez à vérifier votre boîte mail pour être sûr qu’il ne soit pas arrivé dans les spams 😉

La méthode Heisig pour apprendre les kanji

Qu’est-ce que la méthode Heisig ?

La meilleure méthode pour apprendre les kanji : Remembering the kanji

Peut-être avez-vous déjà entendu parler du livre « Remembering the kanji » de James W. Heisig qui a été adapté en français sous le nom de « Les kanji dans la tête » par Yves Maniette ?

Pendant mes premières années d’études de japonais, je n’ai jamais eu connaissance de cet ouvrage. A vrai dire, je crois que c’est la Youtubeuse ACEKID (que j’adore <3) qui me l’a fait découvrir en 2017 grâce à l’une de ses vidéos. Et je lui en suis extrêmement reconnaissante !

Ce livre a changé du tout au tout ma vision des kanji, leur apprentissage, mais également leur enseignement.

Je me le suis rapidement procuré en anglais (il sera en vente en français dès le 14 novembre 2019), et j’ai découvert au fil des pages cette méthode révolutionnaire qui mérite d’être beaucoup plus connue.

Comment fonctionne la méthode Heisig ?

Ce livre a été écrit par un Américain qui, comme vous et moi, n’a pas grandi dans une culture baignée par les idéogrammes chinois. Sa méthode, une fois maîtrisée, permet de savoir reconnaître les 2000 kanji les plus courants en japonais, en sachant ce qu’ils veulent dire, tout en étant capable de les réécrire de tête. Elle permet grosso modo aux Occidentaux d’atteindre le même niveau de connaissance qu’un Chinois qui débuterait le japonais. Il faut bien comprendre qu’avec ce procédé, vous ne saurez pas les prononcer mais vous en connaîtrez le sens, et ça c’est déjà énorme.

Toute cette méthode se base sur l’alliance des deux éléments nécessaires à notre cerveau : l’analyse et la créativité.

En effet, pour retenir une information, notre cerveau va d’abord l’analyser. Dans le cas d’un kanji, il va chercher à reconnaître des formes qu’il a l’habitude de voir (carrés, lettres romaines, etc.), mais cela ne suffit pas pour retenir l’entièreté d’un idéogramme chinois ou japonais. Notre œil occidental n’est pas assez à l’aise avec ce genre de « dessins » pour pouvoir les retenir par cœur juste en les analysant.

C’est pourquoi il est nécessaire de compter sur notre part de créativité pour compléter ce qui fait défaut à l’analyse seule. La méthode Heisig met ainsi en scène des histoires (créativité) en se basant sur différents éléments que l’œil aura appris à reconnaître au fur et à mesure des idéogrammes (analyse).

Exemple issu du livre « Les kanji dans la tête » :

Méthode pour apprendre les kanji extrait du livre les kanji dans la tête

Prenons par exemple le kanji n°18 du livre : 冒, qui veut dire « un risque ».

Dans les pages précédentes, l’auteur nous a appris que la partie du dessus (日) signifie le soleil, et que la partie du dessous (目) représente un œil.

Kanji risque

La scénette que l’on peut facilement imaginer ici est la suivante : regarder le soleil avec ses yeux nous fait prendre le risque de devenir aveugle.

Le soleil est logiquement au-dessus des yeux puisqu’il est dans le ciel.

Avec cette histoire, vous devriez être capable de vous souvenir de ce kanji à vie, en vous rafraichissant la mémoire de temps à autres grâce à la répétition espacée dans le temps.

J’ai choisi ici une histoire très simple mettant en scène deux éléments uniquement afin que vous compreniez facilement comment cela fonctionne. Bien évidemment, au fur et à mesure que l’on progresse dans la méthode, de nombreuses autres clés (appelées « primitifs » dans le livre) viennent se rajouter afin de pouvoir enrichir nos connaissances. Le livre couvre ainsi les 2200 idéogrammes les plus fréquents en japonais, c’est-à-dire un bon niveau JLPT 1 (et même un peu plus).

A noter que plus les histoires sont drôles, choquantes ou dégoutantes, mieux votre cerveau s’en souviendra ! C’est logique car les images banales marquent peu l’esprit, alors que celles qui sont effrayantes ou excitantes nous restent bien plus longtemps en mémoire.

Quels sont les avantages et inconvénients de « Remembering the kanji » ?

La meilleure méthode pour mémoriser les kanji ?

D’après tout ce que j’ai pu lire, écouter et tester comme techniques d’apprentissage et de mémorisation, je peux vous dire que ce livre est réellement un phare dans les ténèbres de l’apprentissage des kanji.

Cette méthode est parfaitement adaptée au fonctionnement du cerveau humain car nous sommes conçus pour retenir des histoires. Nous avons évolué en transmettant nos connaissances à l’oral à travers les légendes et chansons de nos aïeux, et notre cerveau mémorise très bien les contes et anecdotes. Pas étonnant qu’on retienne mieux les blagues de Toto plutôt que le théorème de Pythagore 😉

Cette technique permet également de développer la capacité de pouvoir écrire des idéogrammes de tête sans les avoir jamais tracés de notre vie. Cela m’a d’ailleurs été extrêmement utile lorsque j’étais en école de langue à Kyôto en 2018. J’ai considérablement amélioré la qualité de mes rédactions en y insérant des kanji que j’ai retenus après les avoir lus dans Remembering the kanji. Je ne les avais jamais écrits avant de me retrouver devant mon bureau à l’école. Mes professeurs étaient agréablement surpris de voir mes progrès ! Je les écrivais parfois mieux que mes camarades Chinois ou Taïwanais, c’est dire 😉

Autre avantage -mais qui peut être considéré comme un inconvénient si l’on considère que cela demande un investissement supplémentaire en termes de temps et de créativité-, c’est qu’il est parfaitement possible d’adapter les histoires du livre en fonction de nos propres références personnelles. C’est même d’ailleurs ce que je vous recommande de faire, afin de bien les ancrer dans votre propre réalité. En effet, nous n’avons pas tous les mêmes références ou la même perception des choses.

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu :  Combien de temps pour apprendre le japonais ?

Peut-être que pour vous le kanji du feu (火) vous fera tout de suite penser à Natsu de Fairy Tail, tandis que pour d’autres il incarnera plutôt les traits de Sailor Mars, ou encore du mignon Salamèche. Ce qui compte, c’est de se créer des liens qui nous paraissent évidents et sans aucun doute possible.

Les kanji dans la tête : une perte de temps ?

Pour rebondir sur ce que je disais dans le dernier paragraphe juste au-dessus, d’après mon expérience et en observant les élèves à qui j’ai enseigné cette méthode, il est nécessaire de s’approprier personnellement l’histoire de chaque kanji afin de le retenir sur le long terme. Si on récupère telle quelle l’histoire d’une tierce personne (celle de l’auteur du livre par exemple), elle est moins efficace car elle ne touchera pas directement votre réalité.

Évidemment, pour pouvoir tirer pleinement avantage de cette méthode, cela demande beaucoup de temps et d’investissement. Il est absolument essentiel de prendre le temps de visualiser chaque histoire afin de l’ancrer profondément en nous. Mais il est également vrai que cela est bien plus efficace que d’écrire le même idéogramme des dizaines de fois. Donc au final, c’est un investissement de temps qui est rentable sur le long terme.

Un autre désavantage de cette méthode, c’est qu’elle ne permet d’apprendre que la signification des kanji. Vous ne saurez donc pas les prononcer, un peu comme des Chinois qui arrivent au Japon pour la première fois. Néanmoins, je trouve qu’il est judicieux de se concentrer sur une information après l’autre.

De plus, l’ordre dans lequel sont classés les kanji ne suit pas du tout les logiques habituelles (du plus fréquent au moins fréquent, niveaux de JLPT, etc). Ils sont ordonnés de manière à suivre les clés rencontrées au fur et à mesure du livre. Donc vous apprendrez par exemple le kanji du nitrate ( 硝, n°120) avant le kanji du papa (父, n° 1366), alors qu’il est peu probable que vous souhaitiez parler de physique chimie avant de parler de votre famille, n’est-ce pas ?

C’est pourquoi je vous recommande d’apprendre au moins les 100 kanji du JLPT5 avant de vous lancer dans cette méthode, ou au grand minimum les 50 kanji les plus faciles à apprendre dont je vous parlais dans un autre article. Vous ne serez pas frustrés d’apprendre d’abord des kanji rares et farfelus qui ne vous serviront pas tout de suite car vous aurez au moins connaissance des plus basiques et utiles en japonais 😉

Enfin, le livre est introuvable en français à l’heure actuelle (Edit : il sera à nouveau en vente en français dès le 14 novembre 2019). Et même en comprenant bien l’anglais, certains termes employés dans la version originale du livre sont difficiles à saisir, et les traductions/utilisations des kanji sont parfois erronées ou très différentes de la réalité. Il est donc nécessaire de vérifier un à un chaque idéogramme afin d’être sûr de ne pas apprendre n’importe quoi.

Si vous ne deviez retenir qu’une info sur la méthode Heisig

Malgré les quelques points noirs évoqués ci-dessus, cette technique reste pour moi, à l’heure actuelle, la meilleure méthode pour apprendre les kanji japonais sur le long terme et les garder en mémoire. Il faut néanmoins être prêt à y consacrer du temps car le livre ne représente qu’une base sur laquelle travailler, mais on ne peut pas compter exclusivement dessus pour tout nous enseigner.

Afin de vous faciliter la tâche, je prépare actuellement une série de cours qui vous expliqueront de manière ludique les 100 premiers kanji du livre. De quoi vous permettre de tester la méthode, et si elle vous plait, pourquoi pas de la continuer par vous-mêmes ! 😊

Comme je vous le disais plus haut, cette méthode couplée à une deuxième technique redoutable est le combo le plus efficace pour apprendre et retenir les kanji sur le long terme.

Je vous en parle dans ce deuxième article que je vous recommande de lire afin d’optimiser au maximum votre apprentissage des kanji 😉

J’aimerais également connaître votre avis sur cette méthode. L’avez-vous déjà testée par vous-mêmes ? Est-ce que cet article vous a donné envie de l’essayer ?

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2 commentaires

  • Charlotte

    J’avoue que cette méthode marche vraiment très bien : je me souviens de chaque kanji que tu m’as appris pendant tes cours ainsi que de leurs petites histoires qui vont avec 😊

  • Célia

    J’ai déjà entendu parler de ce livre et je suis vraiment intéressée. Je pense me procurer le livre dès mon retour en Octobre. En effet, tout comme toi, je retiens mes kanjis les deux trois premiers jours et 90% d’entre eux disparaissent de mon cerveau en un rien de temps. Je serais curieuse de savoir combien de temps il me faudrait pour retenir ces 2200 kanjis 🤔
    Merci pour ce super article en tout cas !

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